Méditation
Le terme méditation (du latin meditatio) désigne une pratique mentale ou spirituelle. Elle consiste souvent, mais pas nécessairement, en une attention portée sur un certain objet de pensée (méditer un principe philosophique par exemple, dans le but d'en approfondir le sens) ou sur soi (dans le but de pratique méditative afin de réaliser son identité spirituelle). La méditation implique généralement que le pratiquant amène son attention de façon centripète sur un seul point de référence[1] .
Néanmoins l'utilisation d'un objet particulier ou d'une référence n'est pas nécessaire à la méditation. Cette approche nécessite par ailleurs que le méditant adhère au dogme particulier de l'unité du Tout ; elle le conduit souvent à rechercher une abolition entre lui et le reste du Monde, le sentiment d'unité et d'harmonie qui en résulte étant dogmatique et constitue généralement l'horizon de cette approche.
La méditation est au cœur de la pratique du Bouddhisme, de l'hindouisme, du Taoisme, du Yoga, de l'Islam, de la Chrétienté ainsi que d'autres formes plus récentes de spiritualité mais également médicale. C'est une pratique visant à produire la paix intérieure, la vacuité de l'esprit, des états de conscience modifiés ou l'apaisement progressif du mental voire une simple relaxation, obtenus en se « familiarisant » avec un objet d'observation : qu'il soit extérieur (comme un objet réel ou un symbole) ou intérieur (comme l'esprit ou un concept, voire l'absence de concept).
Depuis quelques décennies la psychologie cognitive s'accorde pour penser que la conscience ne ressent en tout et pour tout que trois types de contenu psychique : la conscience de son intérieur par les sensations, la conscience de l'extérieur qui par les ambiances nous dévoile l'âme du monde, et enfin les idées qui ne sont ni des sensations, ni des ambiances mais seulement des propositions logiques et rationnelles. Il se trouve que la méditation ne concerne que la première forme de contenu psychique précitée, à savoir les sensations. Ainsi les bouddhistes qui se livrent à la méditation savent que méditer est simplement sensitif ! En effet, le méditant ne visualise rien et donc ne ressent ainsi aucune ambiance extérieure, il se trouve dans une sorte de vide, et de plus il ne pense à rien, il ne manie aucune idée, son esprit est vide.
Alors de quelles sortes sont les sensations méditatives ? Dans la tradition zen (notamment depuis le VIIe siècle grâce à l'apport de Hui-neng, le père du zen moderne) la réponse est que celles-ci sont justes "intelligentes". Et il se trouve que l'intelligence, non pas du raisonnement, mais des sensations porte un nom précis, c'est l'évanescence. Ce mot est fondamental. Cela signifie également que l'individu qui médite pénètre la sphère de l'harmonie et fait preuve de subtilités, de subtilités sensitives. Il est connu que l'harmonie, que ce soit en danse ou pour ce qui est des sensations intérieures, des sensations internes, satisfait, comble, de même que le fait d'avoir fait preuve de subtilités car cela ne va pas de soi, n'est souvent pas naturel et représente une qualité rare dont la joie qui en découle permet de mesurer la valeur. C'est un peu, quoique dans un tout autre contexte, l'esprit de légèreté que prônait Nietzsche par la valeur qu'il accordait à la danse.






